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Eric
Etudiants de Nice

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MessagePosté le: Lun 8 Juin - 04:50 (2009)    Sujet du message: A vos commentaires ! Répondre en citant





[980a] ARISTOTE Métaphysique

"L'homme a naturellement le désir de connaître; et la preuve que ce penchant existe en nous tous, c'est le plaisir que nous prenons aux perceptions des sens. Indépendamment de toute utilité spéciale, nous aimons ces perceptions pour elles-mêmes; et au-dessus de toutes les autres, nous plaçons celles que nous procurent les yeux. Or, ce n'est pas seulement afin de pouvoir agir qu'on préfère exclusivement, peut-on dire, le sens particulier de la vue au reste des sens; on le préfère même quand on n'a absolument rien à en tirer d'immédiat."



Je trouve ce passage à la fois surprenant et impressionnant.

En effet, c’est le tout début de la Métaphysique. Et comment commence Aristote ? Par des idées abstraites ? Des spéculations vagues ?
-Pas du tout.
Il commence par le désir de connaître, presque un instinct, une soif dans ce qu’elle a de plus naturel. Il commence par le plaisir, la sensibilité, par le plaisir des sens.

Ce n’est sûrement pas un hasard, ni un hors-sujet, si Aristote parle du désir et du plaisir en commençant sa métaphysique. Il part du concret, du sensible, qu’il ne perdra jamais de vue aussi loin que pourra aller sa recherche spéculative. Loin, très loin, mais jamais en contradiction avec la réalité sensible d’où il est parti.

Ca commence fort, comme une promesse de s’arracher à l’apesanteur idéaliste des Idées, tout en allant beaucoup plus loin dans l’exploration de l’intelligibilité, au cœur même de ce qui est.


Je n'en dis pas plus, j'attends les commentaires de ceux que ça inspire.





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MessagePosté le: Lun 8 Juin - 04:50 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Sankan
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MessagePosté le: Ven 19 Juin - 04:16 (2009)    Sujet du message: A vos commentaires ! Répondre en citant

C’est pas du tout clair, plein de faute et ça ne veut rien dire mais bon j’espère m’expliquer avec toutes vos critiques :


Tout d’abord avant de répondre je voudrais juste montrer cela :

1 "L'homme a naturellement le désir de connaître; et la preuve que ce penchant existe en nous tous, c'est le plaisir que nous prenons aux perceptions des sens. Indépendamment de toute utilité spéciale, nous aimons ces perceptions pour elles-mêmes; et au-dessus de toutes les autres, nous plaçons celles que nous procurent les yeux. Or, ce n'est pas seulement afin de pouvoir agir qu'on préfère exclusivement, peut-on dire, le sens particulier de la vue au reste des sens; on le préfère même quand on n'a absolument rien à en tirer d'immédiat."



2 Tous les hommes ont naturellement le désir de savoir. Ce qui le témoigne, c’est le plaisir que nous causent les perceptions de nos sens. Elles nous plaisent par elles-mêmes, indépendamment de leur utilité, surtout celles de la vue. En effet, non seulement lorsque nous sommes dans l’intention d’agir, mais alors même que nous ne nous proposons aucun but pratique, nous préférons, pour ainsi dire, la connaissance visible à toutes les connaissances que nous donnent les autres sens. C’est qu’elle nous fait, mieux que toutes les autres, connaître les objets, et nous découvre un grand nombre de différences



3 Tous les hommes ont un désir naturel de savoir, comme le témoigne l'ardeur avec laquelle on recherche les connaissances qui s'acquièrent par les sens. On les recherche en effet pour elles-mêmes et indépendamment de leur utilité, surtout celles que nous devons à la vue; car ce n'est pas seulement dans un but pratique, c'est sans vouloir en faire aucun usage, que nous préférons en quelque manière cette sensation à toutes les autres ; cela vient de ce qu'elle nous fait connaître plus d'objets, et nous découvre plus de différences. »



Voilà donc trois traductions différentes de ce texte :



ντες νθρωποι το εδναι ργονται φσει. Σημεον δ' τν ασθσεων γπησις· κα γρ χωρς τς χρεας γαπνται δι' ατς, κα μλιστα τν λλων δι τν μμτων. Ο γρ μνον να πρττωμεν λλ κα μηθν [25] μλλοντες πρττειν τ ρν αρομεθα ντ πντων ς επεν τν λλων. Ατιον δ' τι μλιστα ποιε γνωρζειν μς ατη τν ασθσεων κα πολλς δηλο διαφορς.]



Le problème du « jeu des différences » n’est pas tant l’asymétrie des virgules ou des synonymes mais surtout du sens qui parfois fondamentalement change.

Analysons pas à pas ces différences et dans le même temps faisons progresser notre compréhension du texte.



-------------------------------------------------

{"L'homme a naturellement le désir de connaître; et la preuve que ce penchant existe en nous tous, c'est le plaisir que nous prenons aux perceptions des sens. 1}


Tous les hommes ont naturellement le désir de savoir. Ce qui le témoigne, c’est le plaisir que nous causent les perceptions de nos sens.


Tous les hommes ont un désir naturel de savoir, comme le témoigne l'ardeur avec laquelle on recherche les connaissances qui s'acquièrent par les sens.

--------------------------

Ce qui peut troubler au commencement de la lecture de ces trois traductions, c’est la nuance de la troisième sur la position de la qualification du « naturel », φσει.


Avant de se tourner vers le texte grec, essayons de comprendre l’idée qu’ajoute ou enlève cette disposition. On peut déjà observer que ce changement s’additionne avec la transformation de la qualification spécifique du désire de connaître : « le désir de connaître » par « un désir naturel de savoir ».


Dans les 2 premières considérations, le désir de connaître est inscrit dans l’essence humaine, qui dans son accomplissement ne peut qu’offrir une disposition propice à l’homme de se diriger vers une quête de savoir. Quête de savoir et non simples connaissances, car ce ne sont pas les connaissances qui  intéresseraient ici l’homme, mais le fait même de les rechercher. Une sorte de gravité qui pousserait l’homme vers la masse de la mécanique connaissance.


Si nous considérons la dernière traduction, l’intégration essentielle de l’homme qui réaliserait sa propension vers le désir de savoir n’est plus aussi marquée. Ici ce serait simplement le désir de savoir qui en tant que sphère extérieure pourrait par un certain accident se retrouver en l’homme. Car le désir de savoir serait ici compris comme un désir naturel avant d’être désir de savoir. On pourrait ainsi comparer le désir naturel de savoir au désir naturel qu’est par exemple celui d’un homme de manger. Un désir naturel qui serait en puissance et que nous pourrions activer selon notre volonté. Mais qui ne serait pas réalisateur de l’essence même de l’homme mais simplement s’ajoutant dans un ensemble de spécificités.


De cette façon on pourrait saisir la nuance qui existe entre un désir naturel de savoir chez l’animal, qui lui sert occasionnellement dans un processus mimétique à faciliter son existence ce qui s’opposerait chez l’homme à un processus interne à sa nature qui l’éveillerait naturellement au désir de savoir.  


Par conséquent, c’est naturellement que l’homme a un désir de savoir, c’est donc en étant simplement homme que ce désir se fait être et lui apparait.

 Ce désir est un désir inhérent à l’homme sans volonté en creux comme serait par exemple le désir de décider  vouloir un enfant (dans l’optique où ce serait évidement un choix réfléchi).  


La suite de la phrase nous incite à rester dans cette interprétation, toutefois, là la traduction que donne Eric pose problème.


 En effet, si ce n’est qu’un « penchant », ce n’est pas essentiel, ce n’est qu’une possibilité, une tendance comme une autre. Ce n’est pas tant pour imposer le désir de savoir comme principe d’être de l’homme que je dis cela, mais simplement pour montrer en quoi c’est réducteur, de caractériser cette nature interne par "un" désir naturel de savoir.

Ce désir est doublement « naturellement » chez l’homme. Il l’est parce qu’il est inhérent à sa nature (son essence) et il l’est parce que c’est l’accès aux choses, par la perception, qui procurent ce désir. Un désir de la connaissance réaliste / des choses.


Ce ne serait pas un désir de savoir comme le serait la réminiscence qui certes s’appuit sur une réalité présente mais qui ne prend pas même au sérieux la perception qui n’est qu’occasion d’éveille à l’idée originelle (et encore je dois penser à Leibniz).

Revenons au texte et aux expressions décisives que sont « preuve » et « témoigne ». Pourquoi le fait de ressentir du plaisir par la perception des sens serait une preuve que l’homme a naturellement le désir de savoir ?

D’ailleurs au passage notons l’ambigüité que provoque la troisième traduction par la tournure « on recherche les connaissances qui s'acquièrent par les sens. » Par là on remet en doute le désir de connaitre à une recherche de connaissance. Et de cette façon on réduirait l’importance que pose Aristote, au fait même de la perception des sens qui est le seul causant le plaisir.
 Il y a une percussion des sens par les choses qui affecte et plait à l’homme (γπησις/ γαπνται .

On pourrait d’une certaine façon penser à Hume et à sa notion d’habitude, dans sa logique de proximité et d’affectivité rendant compte d’une certaine tendance de l’homme dans l’établissement d’une connaissance.

C'est l'affectivité rendue compte de la percussion de la perception des sens qui rend possible une connaissance. Et dans notre cas accompagne et soutient le désir de savoir.
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Eric
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MessagePosté le: Sam 20 Juin - 17:26 (2009)    Sujet du message: A vos commentaires ! Répondre en citant



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